Palo Verde : biodiversité, conservation et résilience après l’incendie de forêt

Situé entre les fleuves Bebedero et Tempisque, dans le bassin inférieur du Tempisque, dans le canton de Bagaces, dans la province de Guanacaste, le parc national de Palo Verde est l’une des zones naturelles protégées les plus importantes du Costa Rica. D’une superficie de 19 800 hectares, ce parc abrite l’une des zones humides les plus précieuses d’Amérique centrale et constitue un refuge essentiel pour des centaines d’espèces de faune et de flore.
Après avoir été confronté à l’un des incendies de forêt les plus dévastateurs de son histoire récente, le parc a officiellement rouvert ses portes au public, permettant ainsi aux visiteurs de profiter à nouveau de son extraordinaire biodiversité et de ses paysages uniques.
Un trésor naturel d’importance internationale
Le parc national de Palo Verde enregistre une pluviométrie annuelle moyenne de 1 230 millimètres et une température moyenne avoisinant les 28 °C, des conditions qui favorisent une grande diversité d’écosystèmes.
Son importance écologique dépasse les frontières nationales, car il protège l’une des zones humides les plus importantes d’Amérique centrale, reconnue au niveau international par la Convention de Ramsar en raison de son immense valeur pour la conservation des oiseaux aquatiques et d’autres organismes dépendant de ces écosystèmes.
De plus, le parc abrite certains des derniers vestiges de la forêt tropicale néotropicale sèche, l’un des écosystèmes les plus menacés de la région. Son nom vient de l’arbre appelé « palo verde », facilement reconnaissable à la couleur vert clair caractéristique de son écorce et de ses branches.



Une extraordinaire diversité de flore
La végétation du parc se compose de deux zones de vie qui permettent le développement de plus de douze communautés végétales différentes. À ce jour, plus de 750 espèces de plantes ont été répertoriées, parmi lesquelles se distinguent des espèces emblématiques telles que le palo verde, le pochote, le cèdre amer et le majestueux guanacaste. De plus, le parc protège cinq des six espèces de palétuviers présentes au Costa Rica, ce qui fait de ses zones humides des écosystèmes essentiels à la reproduction des poissons, des oiseaux et de nombreux organismes aquatiques.
Ses différents écosystèmes abritent plus de 280 espèces d’oiseaux sédentaires et migrateurs, dont beaucoup sont considérées comme rares ou dont les populations sont réduites. Parmi les espèces les plus représentatives, on trouve la colombe rouge, le galán sans ventura, le pavón, les toledos, diverses espèces de faucons, de canards et de hérons cendrés, ainsi qu’une grande variété d’oiseaux aquatiques qui trouvent dans les zones humides un lieu idéal pour se nourrir et se reproduire.
Les amphibiens et les reptiles présentent également une diversité remarquable. Près de 55 espèces ont été recensées, parmi lesquelles le serpent des ruisseaux, le serpent des fossés, le serpent à sonnettes, le serpent corail, ainsi que des crocodiles, des iguanes et des varans. Quant aux mammifères, environ 150 espèces ont été identifiées, tant volantes que terrestres, auxquelles s’ajoutent 19 espèces de poissons qui viennent compléter la richesse biologique du parc.
L’incendie de forêt qui a menacé le sanctuaire
Fin mai 2026, le parc national de Palo Verde a été confronté à l’un des incendies de forêt les plus importants enregistrés dans la région ces dernières années.
L’incendie s’est déclaré dans l’après-midi du 28 mai lorsqu’un éclair, provoqué par un orage sec, a frappé à l’intérieur du parc. Le ministère de l’Environnement et de l’Énergie (MINAE) a indiqué que les flammes s’étaient rapidement propagées en raison de l’abondance de végétation sèche caractéristique de cette zone humide.
Dès les premières heures de la crise, les températures élevées, les vents violents et l’abondance de matériaux inflammables ont considérablement compliqué les opérations de lutte menées par les brigades forestières et les services d’urgence. Par mesure de prévention, les autorités ont décidé de fermer complètement le parc au public.



Plus de 4 000 hectares touchés
Au cours des premiers jours de l’incendie, on ne disposait pas de chiffre définitif concernant la superficie endommagée, même si les estimations préliminaires faisaient état de 200 à 400 hectares touchés. Cependant, à mesure que la situation d’urgence évoluait, le Système national des zones de conservation (SINAC) a confirmé que le feu avait fini par ravager près de 4 000 hectares, soit environ un cinquième de la superficie totale protégée du parc.
Les colonnes de fumée atteignaient plusieurs centaines de mètres de hauteur et étaient visibles à des kilomètres à la ronde, poussées par les vents violents caractéristiques de la région.
Ces conditions difficiles ont également affecté le personnel chargé de lutter contre l’incendie. La Croix-Rouge a indiqué que 26 pompiers forestiers ont dû subir un examen médical en raison d’une exposition prolongée à la fumée et d’un effort physique intense, même si aucun d’entre eux n’a dû être transporté à l’hôpital.
Conséquences pour la faune sauvage
L’impact de l’incendie ne s’est pas limité à la perte de la couverture végétale. Des images diffusées par les pompiers ont montré des scènes de cerfs adultes fuyant avec leurs petits, des familles entières de pizotes se déplaçant dans la végétation et le sauvetage d’une tortue affectée par la fumée. Des spécialistes ont souligné que ce type d’incendie perturbe profondément l’équilibre écologique, détruit les habitats, modifie les chaînes alimentaires et affecte tant la biodiversité que les services environnementaux fournis par les zones humides.
Un incendie hors du commun
Le cas de Palo Verde est devenu l’un des exemples les plus emblématiques d’une saison des feux de forêt jugée atypique au Costa Rica.
Au cours de cette période, le pays a enregistré 233 feux de forêt qui ont ravagé plus de 30 868 hectares, soit une augmentation de 264 % par rapport à l’année précédente.
Selon les spécialistes, cet incendie était particulièrement inhabituel, car les pluies de fin mai réduisent généralement considérablement le risque d’incendie dans la province de Guanacaste. Cependant, en 2026, les températures sont restées comprises entre 36 °C et 37 °C, avec un taux d’humidité relative avoisinant les 40 %, des conditions qui ont maintenu la végétation sèche et favorisé la propagation rapide du feu.
Palo Verde accueille à nouveau des visiteurs
Après avoir maîtrisé la situation d’urgence et procédé aux évaluations nécessaires, le service de conservation d’Arenal Tempisque a annoncé la réouverture officielle du parc national de Palo Verde.
Actuellement, le parc accueille des visiteurs tous les jours, de 8 h à 16 h, ce qui permet à nouveau de parcourir ses sentiers, d’observer les oiseaux, de découvrir ses zones humides et de se familiariser avec l’un des écosystèmes les plus importants du pays.
Cette réouverture est l’occasion de continuer à promouvoir le tourisme responsable et de renforcer les efforts de conservation de ce patrimoine naturel inestimable. Parallèlement, le récent incendie nous rappelle l’importance de protéger les écosystèmes contre les effets du changement climatique, les conditions météorologiques extrêmes et le risque croissant d’incendies de forêt, qui constituent une menace de plus en plus grave pour la biodiversité du Costa Rica.
Sensorial Sunsets

