États-Unis / Venezuela : les réactions officielles enregistrées en Amérique latine face à la première intervention militaire américaine en Amérique latine au XXIe siècle

États-Unis / Venezuela : les différentes réactions officielles enregistrées en Amérique latine face à la première intervention militaire américaine en Amérique latine au XXIe siècle.
Nicolas Boeglin, professeur de droit international public, Faculté de droit, Université du Costa Rica (UCR). Contact : nboeglin(a)gmail.com
L’opération militaire menée par les États-Unis contre le Venezuela dans la nuit du 2 au 3 janvier 2026 a suscité la stupéfaction au niveau international. Elle a mobilisé des forces spéciales, des commandos parachutés depuis des hélicoptères, 150 avions en mission de soutien et des navires au large des côtes vénézuéliennes. Face à cela, plusieurs États d’Amérique latine ont jugé opportun de se prononcer sur cette action militaire unilatérale contre le Venezuela et contre son autorité suprême. Il est également très légitime de se demander ce qui a empêché certains de le faire et les a poussés à garder un lourd silence.
L’analyse des réactions officielles en Amérique latine revêt un intérêt particulier, car la région est composée d’États souverains qui ont subi, au cours des XIXe et XXe siècles, des interventions militaires américaines directes ou indirectes, toutes destinées à favoriser les intérêts des États-Unis dans la région. Vivre dans une région soumise à ce type d’actions unilatérales ou à des menaces d’interventions militaires américaines, qui ont marqué l’histoire et la mémoire collective de cette région du monde, est une caractéristique propre à l’Amérique latine : d’un point de vue juridique international, la seule intervention américaine portée devant la justice internationale concernait les actions militaires et paramilitaires contre le Nicaragua, avec un jugement historique en juin 1986 condamnant les États-Unis. Le Venezuela tentera-t-il désormais d’obtenir justice et réparation en 2026 devant cette même justice internationale, qui a donné raison au Nicaragua en 1986 ?
Loin d’être considéré comme un chapitre clos de l’histoire de l’Amérique latine, ce qui s’est passé le 3 janvier 2026 indique que cette pratique a encore quelques adeptes dans les cercles politiques américains au XXIe siècle et, plus surprenant encore, que certains États d’Amérique latine ne jugent pas nécessaire de la condamner. Comment cela ? Comme on peut le lire.
À noter que les événements de ces premiers jours de janvier ne devraient pas surprendre les observateurs internationaux : les États-Unis avaient déjà planifié ces derniers jours des attaques militaires très controversées et contestées ces dernières années, comme celle perpétrée en Irak le 2 janvier 2020 contre un haut responsable iranien, en s’appuyant sur des informations fournies par les services secrets israéliens (Note 1).
Les réactions immédiates des Nations Unies
Au niveau des Nations Unies, les réactions ne se sont pas fait attendre, dès le 3 janvier, tant de la part du Secrétariat général des Nations Unies que de la présidence de l’Assemblée générale (voir communiqué officiel des Nations Unies).
La commission d’enquête sur la situation des droits de l’homme au Venezuela (un organe créé par le Conseil des droits de l’homme des Nations unies) a demandé une enquête sur les événements afin de connaître l’ampleur des dégâts et en particulier le nombre de victimes et de blessés lors de cette attaque (voir communiqué officiel). Comme on le sait, le Venezuela est partie à divers instruments relatifs aux droits de l’homme, ainsi qu’au Statut de Rome de 1988 qui crée la Cour pénale internationale (CPI) : l’exemple récent de l’Ukraine demandant à la CPI d’enquêter sur les exactions commises sur son territoire par la Russie sans que l’Ukraine soit partie au Statut de Rome en 2022 mérite d’être mentionné.
On sait, grâce à leur nationalité, que 32 personnes originaires de Cuba ont trouvé la mort lors de l’attaque américaine au Venezuela le 3 janvier dernier (voir note de la DW).
On peut s’attendre à ce que, dans les jours à venir, une première initiative au Conseil de sécurité soit rejetée par le veto des États-Unis et que la question soit ensuite examinée par un vote des 193 États membres à l’Assemblée générale dans les prochains jours, comme l’a demandé l’Afrique du Sud dans son communiqué officiel condamnant les États-Unis (voir texte). À condition, bien sûr, que le Venezuela et ses alliés jugent opportun de porter l’affaire à la connaissance des membres du Conseil de sécurité, puis de l’Assemblée générale des Nations unies.
Nous avons eu l’occasion d’analyser une séquence très similaire (Conseil de sécurité – veto russe – Assemblée générale – majorité écrasante) en février/mars 2022, après l’agression militaire subie par l’Ukraine de la part de la Russie le 24 février de la même année (Note 2).
Notez que, pour l’Amérique latine, la Colombie et le Panama sont membres non permanents du Conseil de sécurité depuis le 1er janvier 2026, le Panama étant le dernier État d’Amérique latine à avoir subi une intervention militaire américaine (1989).
Les alertes ignorées des Nations Unies
Soulignons que bien avant le 3 janvier 2025, les experts des droits de l’homme des Nations unies avaient fermement condamné le blocus imposé au Venezuela ainsi que l’interception et la destruction par l’armée américaine de navires soupçonnés de se livrer au trafic de drogue, avec leurs équipages à bord.
Nous renvoyons en particulier nos chers lecteurs à :
- le communiqué de presse du 24 décembre 2025 ;
- le communiqué du 4 novembre ;
- le communiqué du Haut-Commissaire aux droits de l’homme en personne du 31 octobre ;
- le communiqué conjoint du 21 octobre 2025 ;
- le communiqué de plusieurs experts du 16 septembre 2025, après avoir constaté la destruction d’un premier navire.
Nos chers lecteurs découvriront-ils l’existence de ces communiqués officiels publiés sur le site du Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme, qui avertissent que ces actions unilatérales des États-Unis constituent une violation des normes internationales en vigueur, relevant des notions de crimes internationaux et d’exécutions arbitraires et extrajudiciaires ? Si tel est le cas, il serait intéressant d’enquêter sur ce qui a pu se passer au sein des agences de presse et des médias internationaux pour qu’ils n’aient pas fait largement référence à ces communiqués officiels des Nations Unies à l’époque.
Force est de constater que les organisations palestiniennes se posent également la même question concernant certains communiqués publiés par les Nations unies sur leur site officiel depuis le 7 octobre 2023 au sujet du drame indescriptible qui se déroule à Gaza, et qui ne trouvent pas un large écho dans la presse internationale.
Les règles internationales en vigueur et immuables en bref>
Le recours à la force d’un État contre un autre État est expressément interdit par la Charte des Nations Unies depuis 1945, ainsi que par la Charte de l’Organisation des États américains (OEA) depuis 1948, et cette interdiction a été invoquée à maintes reprises par un État victime et réaffirmée à maintes reprises par les instances des Nations Unies, ainsi que par les juridictions internationales depuis 1945 qui ont connu des actions militaires d’un État contre un autre État.
Lorsqu’un État a enfreint cette règle dans un passé récent, il s’est efforcé d’invoquer des concepts juridiques inexistants en droit international public, tels que la « légitime défense préventive » invoquée par les États-Unis en Irak en 2003, ou par la Colombie en Équateur en mars 2008 (opération Phoenix) et… de manière pionnière par Israël en 1981 en Irak (Note 3) ; ou encore en invoquant la notion de « guerre contre le terrorisme » pour justifier les bombardements au Pakistan et en Afghanistan après le 11 septembre 2001, conçue par l’administration américaine ; ou encore en se référant à la notion de « combattants illégaux » pour envoyer à la base militaire américaine de Guantanamo à Cuba des personnes originaires du Moyen-Orient capturées illégalement par les États-Unis et envoyées à Guantanamo par des vols clandestins. Plus récemment, la Russie a invoqué une « intervention humanitaire » en Ukraine sous prétexte d’un prétendu génocide commis contre les populations russes en Ukraine en 2022. Depuis septembre 2025, les États-Unis cherchent à se justifier au large des côtes du Venezuela en invoquant une notion peu claire telle que celle de « guerre contre le narco-terrorisme ». Ce que l’on peut qualifier de créativité sans limites de certains États obéit au fait suivant : tous les États cherchent toujours le moyen de maquiller de prétendue légalité la violation de la règle d’interdiction du recours à la force, qui est une norme fondamentale de l’ordre juridique international.
En effet, cette règle constitue la pierre angulaire de tout l’édifice normatif construit depuis 1945, ainsi que le principe de non-intervention d’un État dans les affaires intérieures d’un autre État.
L’action unilatérale des États-Unis enregistrée ce 3 janvier 2026 vient déstabiliser un peu plus la région et le monde déjà assez agité, confirmant au passage que pour l’actuel président des États-Unis et les membres de son cabinet, les règles en vigueur dans l’ordre juridique international sur l’interdiction du recours à la force …s’appliquent aux autres États.
Précisons que depuis le 21 janvier 2025, que ce soit en matière de règles commerciales, d’immigration, de droits de l’homme, de respect du principe de non-ingérence dans les affaires intérieures d’un autre État, ou encore en matière de respect du principe d’interdiction du recours à la force ou à la menace de la force, ou plus récemment en matière de normes internationales relatives à la capture et à la saisie de cargaisons de drogue en haute mer, l’actuel occupant de la Maison Blanche s’est efforcé de violer de manière systématique et éhontée certaines règles internationales existantes dans ces domaines et dans bien d’autres encore.
En Amérique latine, la dernière intervention militaire menée par les États-Unis au Panama, qui a débuté le 20 décembre 1989 et s’est terminée par la capture du général Noriega le 3 janvier 1990, nous rappelle la tentation que les plus hautes autorités américaines ont parfois de « résoudre » à leur manière (militaire) des problèmes politiques sans y parvenir pour l’essentiel (voir lien vers divers rapports réalisés au Panama sur cette invasion de 1989). Cette note de presse de 2024 indique que les enquêtes se poursuivent au Panama pour identifier les victimes panaméennes, dont le nombre exact à ce jour est inconnu.
Une action militaire unilatérale des États-Unis face à une situation interne déjà explosive : où va le Venezuela ?
Cela ne va pas sans rappeler que lorsque la plus haute autorité des États-Unis a déclaré lors d’une conférence de presse le 3 janvier 2026 que les États-Unis entendaient garantir une « transition pacifique » et « commercialiser le pétrole vénézuélien » pendant cette transition, le mépris total envers divers secteurs au Venezuela, y compris les secteurs de l’opposition politique, s’est confirmé.
Un éditorial du New York Times – qu’aucun de nos estimés lecteurs ne peut qualifier de favorable au régime politique vénézuélien – publié le 3 janvier dernier, mettait en garde contre les risques que représente pour les États-Unis et leur image au Venezuela, en Amérique latine (et dans le monde) cette action unilatérale (voir texte).
Un documentaire de 30 minutes, « De Macédoine, avec amour », réalisé par des militants vénézuéliens des droits de l’homme à la suite des manifestations massives observées le 29 juillet 2025 au Venezuela, dépeint de manière assez complète le mécontentement de nombreux secteurs populaires à l’égard des autorités vénézuéliennes, après l’annonce des résultats officiels des élections de juillet 2025. Mais ces mêmes secteurs soutiennent-ils tous cette intervention illégale des États-Unis qui porte atteinte à la souveraineté du Venezuela et appuieront-ils l’idée que les États-Unis contrôlent la production des hydrocarbures extraits du sous-sol vénézuélien ?
Sans oublier que l’expérience a montré que les changements de régime politique résultant d’une intervention militaire extérieure ont aggravé la crise au lieu de la résoudre, comme on a pu le constater en Irak depuis 2003, en Afghanistan depuis 2002, en Libye et en Syrie depuis 2011, ainsi qu’au Yémen depuis 2014.
En ce qui concerne strictement le pétrole, il convient d’ajouter que l’Iran, après la nationalisation de son pétrole par le Premier ministre Mohammad Mossadegh, a été victime en 1953 d’un coup d’État orchestré par les États-Unis afin de mettre en place des autorités beaucoup plus favorables à leurs intérêts. Celles-ci ont finalement été renversées en 1979 par la révolution menée par l’ayatollah Khomeini. En matière minière, nos estimés lecteurs originaires du Chili et plus généralement d’Amérique latine savent très bien ce qu’a subi le Chili en 1973, avec un coup d’État auquel les États-Unis ne sont pas étrangers, déclassifiant des documents sensibles au compte-gouttes, la dernière livraison étant celle de 2023 (Note 4). Dans les deux cas (Iran, 1953 et Chili, 1973), la situation des droits de l’homme s’est considérablement détériorée, la priorité des États-Unis étant tout autre.
À cet égard, il convient de mentionner brièvement la joie manifestée par certains secteurs politiques au Costa Rica et dans d’autres parties de l’Amérique latine à l’annonce de la fin du régime actuel et de l’avènement de la démocratie au Venezuela : en effet, si la capture par les États-Unis du plus haut dirigeant du Venezuela et de son épouse a pu affaiblir pendant quelques jours la chaîne de commandement au sein de l’État vénézuélien, le système politique en place a rapidement trouvé le moyen de pallier cette absence. On peut donc penser qu’il y a de fortes chances pour que le même régime soit maintenu, en particulier si l’opposition politique vénézuélienne ne parvient pas à former un front commun. La joie susmentionnée semble donc quelque peu prématurée et rappelle la notion populaire costaricienne, peu juridique mais parfaitement compréhensible, d’« alegrón ».
Les exemples de régimes politiques qui se sont maintenus pendant de nombreuses années après la disparition de leur « leader » historique, malgré la forte opposition politique des États-Unis, sont nombreux. Quant à l’idée que les États-Unis ont agi pour rétablir la démocratie au Venezuela, un bref retour en arrière historique suffit à démontrer que les véritables motivations des États-Unis sont tout autres lorsqu’ils interviennent militairement.
Un premier avertissement lancé en… 2017 et presque unanimement rejeté en Amérique latine
À noter que le 11 août 2017, ce même président des États-Unis avait déclaré à la presse, quelques mois après le début de son premier mandat, que :
Je n’écarte pas l’option militaire, c’est notre voisin et nous avons des troupes partout dans le monde. Le Venezuela n’est pas très loin, et les gens là-bas souffrent et meurent.
Au mois d’août 2017, plusieurs États d’Amérique latine ont réagi officiellement en condamnant dans des communiqués officiels « l’option militaire », que nous avons eu l’occasion d’analyser à l’époque, en soulignant que le Costa Rica n’avait pas jugé opportun de se prononcer à ce sujet, contrairement à de nombreux autres États (Note 5) : une omission assez notable et flagrante, et très peu analysée au Costa Rica.
Réactions officielles enregistrées en Amérique latine condamnant l’action des États-Unis ce 2 janvier 2026
Au-delà de la grande incertitude qui pèse sur la crise interne aiguë que traverse le Venezuela depuis plusieurs années, et qui pourrait s’aggraver considérablement avec cette intervention militaire américaine, parmi les différentes réactions officielles à ce qui s’est passé le 3 janvier 2026, on peut citer celle du Brésil, qui souligne avec insistance (voir communiqué officiel) :
Os bombardeios em território venezuelano e a captura do seu presidente ultrapassam uma linha inaceitável. Esses atos representam uma afronta gravíssima à soberania da Venezuela e mais um precedente extremamente perigoso para toda a comunidade internacional.
Atacar países, em flagrante violação do direito internacional, é o primeiro passo para um mundo de violência, caos e instabilidade, onde a lei do mais forte prevalece sobre o multilateralismo.
A condenação ao uso da força é consistente com a posição que o Brasil sempre tem adotado em situações recentes em outros países e regiões.
A ação lembra os piores momentos da interferência na política da América Latina e do Caribe e ameaça a preservação da região como zona de paz« .
On peut également mentionner la réaction véhémente de l’appareil diplomatique du Chili (voir communiqué officiel) qui souligne, entre autres points, dans un long communiqué dont la lecture complète est recommandée (Note 6), que :
Le Chili réaffirme que le respect de la souveraineté et de l’intégrité territoriale des États constitue une ligne rouge qui ne doit en aucun cas être franchie et qui constitue également un pilier essentiel du droit international. La souveraineté n’est pas une formalité, c’est la garantie essentielle qui protège les pays contre les volontés extérieures arbitraires et la loi du plus fort. Aujourd’hui, c’est le Venezuela, demain, ce pourrait être n’importe quel autre pays. De même, la menace d’un contrôle externe unilatéral de ses ressources naturelles ou stratégiques constitue une grave violation du principe d’intégrité territoriale et met en péril la sécurité, la souveraineté et la stabilité de tous les États de la région.
Pour sa part, dans son communiqué officiel, la Colombie a indiqué que :
La Colombie réaffirme son engagement permanent en faveur de la paix et de la sécurité régionales, de la souveraineté des États et du respect sans restriction des principes consacrés dans la Charte des Nations Unies, en particulier l’interdiction du recours à la force et le règlement pacifique des différends. L’expérience historique de la région, proclamée zone de paix, montre qu’aucun différend ne peut être légitimement résolu par des actions unilatérales.
Dans son communiqué officiel, le corps diplomatique du Mexique a quant à lui précisé que :
Le gouvernement mexicain condamne et rejette énergiquement les actions militaires menées unilatéralement ces dernières heures par les forces armées des États-Unis d’Amérique contre des cibles situées sur le territoire de la République bolivarienne du Venezuela, en violation flagrante de l’article 2 de la Charte des Nations unies (ONU).

Conformément à ses principes de politique étrangère et à sa vocation pacifiste, le Mexique lance un appel urgent au respect du droit international, ainsi que des principes et des objectifs de la Charte des Nations unies, et demande la cessation de tout acte d’agression contre le gouvernement et le peuple vénézuéliens.
L’Amérique latine et les Caraïbes constituent une zone de paix, fondée sur le respect mutuel, le règlement pacifique des différends et l’interdiction du recours à la force ou de la menace de la force, de sorte que toute action militaire met gravement en péril la stabilité régionale.
Dans le cas de l’Uruguay, son appareil diplomatique a publié sur son site officiel (voir communiqué officiel) un texte dans lequel on peut lire :
L’Uruguay rejette, comme il l’a toujours fait, l’intervention militaire d’un pays sur le territoire d’un autre et réaffirme l’importance du respect du droit international et de la Charte des Nations Unies, en particulier le principe fondamental selon lequel les États doivent s’abstenir de recourir à la menace ou à l’emploi de la force contre l’intégrité territoriale ou l’indépendance politique de tout État, ou de toute autre manière incompatible avec les objectifs des Nations Unies.
« Nous réaffirmons le caractère de l’Amérique latine et des Caraïbes en tant que zone de paix et exempte d’armes nucléaires, conformément à la position consensuelle de notre région. »
Réaffirmer le principe énoncé à l’article 2 de la Charte des Nations Unies lorsqu’il est violé de manière aussi flagrante et grossière est une obligation pour un État qui croit et défend ce principe et d’autres principes fondamentaux contenus dans la Charte depuis 1945.
Réactions officielles beaucoup plus réservées, voire… soutien à l’action militaire des États-Unis
Ces réactions officielles du 3 janvier 2026, et éventuellement d’autres qui seront rendues publiques en Amérique latine, peuvent être comparées au communiqué officiel de l’Espagne, qui s’abstient de mentionner le principe de non-recours à la force dans ses textes respectifs.
Dans le cas du communiqué officiel a>de la Norvège, il est clairement indiqué que l’action militaire des États-Unis viole les règles existantes du droit international public, ce que la représentante de l’Union européenne (UE) en matière de politique étrangère dans son « tweet » (voir lien). Quant au Royaume-Uni (voir communiqué) et au Canada (voir communiqué), les échappatoires sont notables et plus que manifestes. On peut également citer ce communiqué officiel adopté dans le cadre du CARICOM (voir déclaration commune de son « Bureau »).
De retour en Amérique latine, le communiqué officiel succinct du Costa Rica, composé de trois phrases (voir lien) est totalement insignifiant (Note 7) si on le compare à ceux du Brésil, du Chili, de la Colombie, du Mexique ou de l’Uruguay. À cet égard, une erreur grammaticale dans la première phrase, avec un « ha » au lieu d’un « han », montre que le texte a été rédigé dans la précipitation, bien qu’il ait été publié à une heure assez tardive au Costa Rica (16 h 19). Cette même omission du Costa Rica face à des violations flagrantes des principes et des règles fondamentales du droit international a été observée dans un autre cas récent : les violations répétées du droit international humanitaire par Israël à Gaza (Note 8).
Alors que le communiqué officiel de la Bolivie et le communiqué officiel du Pérou évitent de mentionner les États-Unis, tout comme celui du Nicaragua (voir texte), tout comme celui du Panama (voir texte), le communiqué officiel de l’Argentine (voir lien) se félicite de l’action menée par les États-Unis, reprenant pratiquement le langage et les évaluations des États-Unis de manière assez flagrante. Le corps diplomatique du Paraguay s’exprime dans le même sens (voir communiqué officiel). Il est frappant de constater que pour ces derniers États, l’objectif de la lutte contre le trafic de drogue semble justifier des actions telles que celle observée le 3 janvier 2026 au Venezuela. Il leur est suggéré d’examiner et d’évaluer dans quelle mesure la capture du général Noriega en 1990 par les États-Unis au Panama a sensiblement réduit les flux de drogue vers le marché nord-américain.
Quant au Panama, qui a fait l’objet de la dernière intervention militaire de ce type menée en décembre 1989 par les États-Unis, en violation de son intégrité territoriale et de sa souveraineté, il semble que les autorités actuelles se soient contentées d’omettre toute condamnation et tout rejet de cette action et aient jugé opportun d’éviter toute référence à ce que le Panama a vécu en décembre 1989.
Soulignons également qu’en avril 2018, la plainte déposée par le Guyana contre le Venezuela devant la justice internationale de La Haye a laissé entrevoir les appétits américains pour les hydrocarbures du Venezuela, avec une diplomatie américaine alors dirigée par une personne dont la seule expérience internationale était d’avoir occupé le poste de PDG d’une compagnie pétrolière américaine : Exxon Mobile (Note 9). Ces mêmes intérêts pour le contrôle des hydrocarbures du Venezuela ont été révélés lors de la conférence de presse donnée le 3 janvier 2026 par l’actuel occupant de la Maison Blanche.
On peut également penser qu’une annonce officielle telle que celle-ci de fin août 2025 concernant les investissements de plusieurs millions de dollars réalisés par des entreprises chinoises au Venezuela pour extraire du pétrole soit considérée dans certains cercles économiques gravitant autour de la Maison Blanche aux États-Unis comme une menace sérieuse pour leurs intérêts, obligeant la Maison Blanche à élaborer une stratégie pour les protéger : simple coïncidence (ou pas tant que ça…), début septembre 2025, un premier navire a été détruit par les États-Unis au large du Venezuela, sous prétexte de trafic de drogue vers les États-Unis (voir note du 2 septembre 2025).
Interventions militaires et formes de condamnation officielles sans désigner les responsables
Les interventions militaires des États-Unis en Amérique latine pour protéger leurs intérêts ont bouleversé la région tout au long de son histoire et le feront à nouveau si elles se reproduisent : la dernière intervention militaire américaine enregistrée avant celle du 3 janvier 2026 a eu lieu au Panama en 1989, précédée d’un arrêt historique rendu en 1986 par la Cour internationale de justice (CIJ) concernant les actions militaires et paramilitaires des États-Unis contre le Nicaragua : voir le texte de l’arrêt, en particulier les paragraphes 188 et 190 dans lesquels la CIJ qualifie expressément l’interdiction du recours à la force de principe général et de règle coutumière (Note 10).
Malgré l’importance fondamentale de la règle violée en cas d’intervention militaire d’un État contre un autre, elle a parfois été rejetée en Amérique latine sans faire expressément référence aux États-Unis : c’est ainsi qu’en 2016, une résolution de l’Assemblée générale de l’OEA visant à « réparer le tort causé » à la République dominicaine par l’intervention des États-Unis en 1965 a fait référence aux « événements d’avril 1965 » (voir note publiée dans l’OPALC avec le texte final de la résolution adoptée).
Ce sera très intéressant de voir si les différents organes de l’OEA vont se prononcer sur ce qui s’est passé le 3 janvier 2026 au Venezuela, ou s’ils vont choisir de garder un silence inquiétant face à une violation de la Charte de l’OEA de 1948 par les États-Unis. À cet égard, le premier communiqué de presse du secrétaire général de l’OEA (voir texte) invite à penser que les jeux sémantiques et les euphémismes, ainsi que l’omission de toute référence aux États-Unis, … seront très utiles lors de la rédaction d’un projet de résolution au sein du Conseil permanent. Un texte de comparaison suggéré avec ce que l’OEA adoptera (si elle y parvient) lors d’une future session de son Conseil permanent, pourrait être le suivant communiqué conjoint de l’Espagne, du Brésil, du Chili, de la Colombie, du Mexique et de l’Uruguay, composé de cinq paragraphes, dont le premier indique que :
1. Nous exprimons notre profonde préoccupation et notre rejet face aux actions militaires menées unilatéralement sur le territoire vénézuélien, qui contreviennent aux principes fondamentaux du droit international, en particulier à l’interdiction du recours à la force et à la menace de la force, au respect de la souveraineté et de l’intégrité territoriale des États, consacrés dans la Charte des Nations unies. Ces actions constituent un précédent extrêmement dangereux pour la paix et la sécurité régionale et mettent en danger la population civile. »
L’OEA peut également consulter la déclaration de l’UE du 4 janvier (voir texte), qui comprend tous les États membres de l’UE à l’exception de la Hongrie (voir le texte détaillé sur la liste des 26 États signataires). Comme on le sait, l’actuel président des États-Unis entretient d’excellentes relations avec son homologue hongrois, qu’il appelle fréquemment et qu’il considère comme un leader politique exemplaire.
À la date de rédaction de ces lignes (8 janvier), aucun organe de l’OEA n’avait condamné cette violation flagrante de sa propre charte : la réunion du Conseil permanent du 5 janvier s’est limitée à écouter les positions de chaque État, sans plus. Quant à la Commission interaméricaine des droits de l’homme, son site reste muet sur les événements du 3 janvier (voir lien). Il convient de souligner qu’en ce qui concerne les opérations militaires menées par les États-Unis visant à éliminer les navires et les équipages suspects, qui ont débuté au début du mois de septembre 2025, ce n’est que le 2 décembre 2025 que la Commission interaméricaine des droits de l’homme a exprimé sa préoccupation dans un communiqué de presse (voir lien) dans lequel elle souligne l’expression suivante en se référant à ces opérations « qui auraient causé la mort de nombreuses personnes » (sic.). « Présumées » ? Oui, vous avez bien lu : « présumées ». La Commission réitère toutefois dans ce communiqué officiel tardif et peu convaincant adressé aux États-Unis ce qu’elle a répété à maintes reprises aux États membres de l’OEA :
Lorsque le personnel militaire ou les forces de sécurité recourent à la force létale en dehors du territoire national, les États ont l’obligation de démontrer que cette mesure était strictement légale, nécessaire et proportionnée, et d’enquêter d’office sur tout décès survenu dans ce contexte. Ces obligations restent en vigueur quel que soit le lieu où les opérations sont menées et quel que soit le statut attribué aux personnes concernées. De même, les personnes placées sous le contrôle de l’État doivent toujours bénéficier du plein respect des garanties d’une procédure régulière et d’un traitement humain.
En conclusion
Qu’elles soient collectives ou individuelles, les réactions officielles enregistrées depuis le 3 janvier 2026 se caractérisent par une grande diversité de ton et de vocabulaire : comme nous l’avons toujours enseigné à nos étudiants, la diplomatie réside avant tout dans l’art du langage.
Cependant, face à une violation grave d’une règle fondamentale du droit international public telle que l’interdiction absolue du recours à la force, la cacophonie observée en Amérique latine est assez frappante, certaines de ces réactions officielles montrant que pour certains (peu) d’États d’Amérique latine, l’action des États-Unis du 3 janvier 2026 ne crée aucun précédent dangereux … et qu’elle est valable d’un point de vue juridique (ou, du moins, qu’elle ne nécessite aucune condamnation ou manifestation de rejet exprimée dans un communiqué officiel).
Cet article publié au Royaume-Uni par un juriste renommé indique dès son titre qu’il n’existe aucune base juridique pour justifier une telle action des États-Unis au Venezuela. Tout comme cet autre publié dans EJIL -Talk le 5 janvier 2026 et cet article publié sur OpinioJuris le 6 janvier. Dans cet autre article d’un juriste mexicain également publié le 6 janvier, on peut lire dans ses conclusions que :
Ces principes n’ont pas été négociés et adoptés ainsi, simplement sur un coup de tête des États, mais comme un moyen de maintenir la paix et la sécurité internationales après deux conflits mondiaux qui ont fait des millions de morts et détruit des infrastructures matérielles créées par le travail de millions de personnes. L’ordre mondial est une réponse à cette pathologie. Il s’agit d’une mesure rationnelle et minimale visant à rendre possible la coexistence pacifique de la communauté internationale.
« Lorsque le DI disparaît en tant que norme de résolution des conflits et de coexistence pacifique, il laisse place à la politique de la force, ce qui nous rapproche de la guerre mondiale. »
À ceux qui soutiennent, reprenant le discours des États-Unis et de quelques autres pays, que la défense des droits humains et l’éradication des autorités illégitimes justifient de telles actions, il convient de rappeler que la fin ne justifie pas toujours les moyens : on observe dans de nombreuses régions du monde des autorités considérées comme illégitimes par d’autres États, chaque fois qu’un processus électoral se déroule dans des conditions peu transparentes et dans lesquelles l’opposition politique ne peut pas participer dans des conditions d’égalité parfaite. Cependant, penser que la solution consiste à intervenir militairement depuis l’extérieur est plus qu’illusoire et les exemples récents et moins récents, tant en Amérique latine qu’ailleurs, d’interventions militaires étrangères qui n’ont fait qu’aggraver la situation politique interne qu’elles prétendaient « résoudre » abondent. Quant à l’argument de la lutte contre le trafic de drogue (qui semble avoir convaincu plusieurs cercles politiques en Amérique latine, en particulier en Argentine et au Paraguay), il n’est pas inutile de rappeler que :
- Il y a tout juste un mois, l’actuel occupant de la Maison Blanche a gracié l’ancien président du Honduras condamné aux États-Unis à 40 ans de prison pour trafic de drogue (voir note de la BBC du 3 décembre 2025) et que ;
- De nombreux experts ont remis en question le fait de considérer le Venezuela comme un axe majeur du trafic de drogue vers les États-Unis.
En matière de violation des droits humains, qui constituent des crimes contre l’humanité dans plusieurs cas au Venezuela, il convient de signaler que deux enquêtes sont en cours devant la Cour pénale internationale de La Haye depuis 2018 (pour plus de détails, voir ce lien et dans cet autre) ; sans compter les nombreux rapports et appels répétés lancés par divers organes des Nations unies sur la situation des droits humains au Venezuela. Le rapport A/HRC/51/43 de 2022, rédigé par une commission d’enquête du Conseil des droits de l’homme des Nations unies, disponible sur ce lien, mérite d’être lu dans son intégralité, en complément du rapport A/HRC/59/58 du mois d’août 2025, disponible sur ce lien.
Au-delà des erreurs d’appréciation des uns et des autres, des cercles qui gravitent autour des ambassades américaines (et qui répètent leur discours sans réserve) et d’un président américain aussi imprévisible qu’erratique depuis son entrée en fonction en janvier 2025 (avec un niveau de mécontentement croissant aux États-Unis à quelques semaines de son premier anniversaire au pouvoir), il est très intéressant de comparer la réaction de ces mêmes États d’Amérique latine face à l’agression militaire de la Russie contre l’Ukraine le 24 février 2022 (Note 11) : il est clair que la cohérence de certains dans la défense des principes de respect de l’intégrité territoriale d’un État et d’interdiction absolue du recours à la force n’est pas telle, mais qu’elle s’est transformée pour plusieurs d’entre eux en une incohérence totale entre le 24 février 2022 et le 3 janvier 2026.
D’un point de vue juridique, tant les événements observés le 24 février 2022 que ceux du 3 janvier 2026 constituent des violations flagrantes d’une règle fondamentale inscrite dans la Charte des Nations Unies depuis 1945. Le fait que les auteurs de ces deux actions militaires unilatérales, tant en 2022 qu’en 2026, soient des États membres permanents du Conseil de sécurité devrait interpeller tous les autres États membres des Nations unies et les amener à condamner ces deux actions avec la même véhémence : en effet, remplacer progressivement le droit à la force par la force du droit dans les relations entre États a été une longue et difficile bataille, qui a commencé avec la consécration, en 1945, de l’interdiction du recours à la force entre États dans la Charte des Nations Unies. Cette bataille n’est pas terminée et il est dans l’intérêt de tous les États de la planète qu’elle ne soit pas abandonnée.
Notes :
Note 1 : Voir à ce sujet notre note BOEGLIN N., « L’assassinat de Ghassem Soleimani par les États-Unis en Irak : quelques notes d’un point de vue juridique », 4 janvier 2020. Texte intégral disponible ici.
Note 2 : Voir à ce sujet notre note BOEGLIN N., « Agression de la Russie contre l’Ukraine : vote écrasant à l’Assemblée générale des Nations unies », 2 mars 2022. Texte intégral disponible ici.
Note 3 ; Il convient de rappeler qu’Israël a été le premier État à faire officiellement référence à la notion de « légitime défense préventive » en 1981, lorsque l’aviation israélienne a décidé de bombarder le réacteur nucléaire d’Osirak, en Irak, construit dans le cadre d’un accord de coopération entre la France et l’Irak. Voir à ce sujet FISCHER G., « Le bombardement par Israël d’un réacteur nucléaire irakien », Vol. 27 AFDI (1981), pp. 147-167, disponible sur ce lien.
Note 4 : Concernant la dernière divulgation de documents américains enregistrée en 2023, voir BOEGLIN N., « La récente « déclassification » de documents secrets par les États-Unis, 50 ans après le coup d’État militaire chilien de 1973 : quelques réflexions », 11 septembre 2024. Texte intégral disponible ici.
Note 4 : Concernant la dernière divulgation de documents américains enregistrée en 2023, voir BOEGLIN N., « La récente « déclassification » de documents secrets par les États-Unis, 50 ans après le coup d’État militaire chilien de 1973 : quelques réflexions », 11 septembre 2024. Texte intégral disponible ici.
Note 5 : Voir à ce sujet notre note BOEGLIN N. « Le rejet par le MERCOSUR et d’autres États d’Amérique latine du recours à la force au Venezuela » 12 août 2017. Texte intégral disponible sur ce lien.
Note 6 : Le texte complet du communiqué officiel du Chili est le suivant :
« En tant que gouvernement chilien, nous exprimons notre profonde préoccupation et notre condamnation énergique face aux actions militaires menées par les États-Unis au Venezuela. Et, en particulier, face à l’annonce qu’un État étranger entend exercer un contrôle direct sur le territoire vénézuélien, administrer le pays et, éventuellement, comme l’a indiqué son président, poursuivre les opérations militaires jusqu’à imposer une transition politique. Cela crée un précédent extrêmement dangereux pour la stabilité régionale et mondiale. »
Le Chili réaffirme que le respect de la souveraineté et de l’intégrité territoriale des États constitue une ligne rouge qui ne doit en aucun cas être franchie et qui constitue également un pilier essentiel du droit international. La souveraineté n’est pas une formalité, c’est la garantie essentielle qui protège les pays contre les volontés extérieures arbitraires et la loi du plus fort. Aujourd’hui, c’est le Venezuela, demain, ce pourrait être n’importe quel autre pays. De même, la menace d’un contrôle externe unilatéral de ses ressources naturelles ou stratégiques constitue une grave violation du principe d’intégrité territoriale et met en péril la sécurité, la souveraineté et la stabilité de tous les États de la région. S’ils peuvent le faire là-bas, pourquoi ne pourraient-ils pas le faire ailleurs à l’avenir ?
Ce fait s’inscrit dans un contexte géopolitique alarmant, où la force commence à remplacer de plus en plus les règles comme mécanisme de résolution des conflits internationaux. La normalisation de cette logique érode le système multilatéral, affaiblit la démocratie à l’échelle mondiale et expose tous les pays, en particulier ceux qui ont moins de pouvoir relatif, à des décisions unilatérales imposées par la force militaire.
La démocratie ne se construit ni par la force ni par l’imposition. Le Chili appelle de toute urgence les Nations unies à jouer un rôle actif et immédiat, en utilisant tous les mécanismes disponibles pour éviter une escalade militaire, protéger la population civile et rétablir un cadre de solution politique et pacifique conforme à la Charte des Nations unies. À cette fin, nous coordonnons nos efforts avec différents gouvernements. Face à cette situation et à ses éventuelles répercussions régionales, notre gouvernement a mis en place une surveillance permanente de nos frontières afin de faire face à une éventuelle augmentation des flux migratoires du Venezuela vers le Chili, en mobilisant les différentes institutions de l’État, et nous renforcerons tous les protocoles de surveillance et de protection consulaire, en accordant une attention particulière à la situation des citoyens chiliens au Venezuela.
Le Chili continuera d’agir comme il l’a toujours fait, avec responsabilité, cohérence et fermeté, en défendant des principes que nous considérons comme inaliénables : la non-violence, la souveraineté des États, l’interdiction du recours à la force ou à la menace, le règlement pacifique des différends et le plein respect du droit international.
Note 7 : Le texte complet du communiqué officiel diffusé par le service diplomatique du Costa Rica est le suivant :
« POLITIQUE ÉTRANGÈRE »
3 JANVIER 2026, 16 h 19
Communiqué du ministère des Affaires étrangères et du Culte du gouvernement du Costa Rica sur la situation au Venezuela.
San José, le 3 janvier 2026. Le gouvernement de la République du Costa Rica suit avec attention les actions menées par les États-Unis sur le territoire vénézuélien ce 3 janvier 2026, qui ont abouti à l’arrestation de Nicolás Maduro et de son épouse Cilia Flores, ainsi qu’à leur transfert vers les États-Unis, où ils seront jugés.
Le gouvernement costaricien appelle à une transition démocratique et pacifique au Venezuela, qui rétablisse les institutions, l’État de droit et la volonté populaire exprimée lors des élections du 28 juillet 2024.
Le Costa Rica réaffirme sa volonté de contribuer à une solution pacifique et durable fondée sur le droit international et les principes consacrés dans la Charte des Nations Unies et la Charte démocratique de l’OEA, qui favorisent la stabilité régionale, le respect des droits de l’homme et un engagement régional total dans la lutte contre le trafic de drogue et la criminalité transnationale organisée.
Communication institutionnelle 001-2026 Communiqué sur la situation au Venezuela Samedi 3 janvier 2026 »
Note 8 : Voir BOEGLIN N. , « L’accord de libre-échange (ALE) avec Israël signé par le Costa Rica le 8 décembre 2025 : réflexions et questions, certaines dérangeantes », 22 décembre 2025. Texte intégral disponible sur ce lien.
Note 9 : Voir BOEGLIN N., « La demande du Guyana contre le Venezuela devant la Cour internationale de justice (CIJ) : bref rappel du contexte », 6 avril 2018. Texte intégral disponible sur ce lien.
Note 10 : Il convient de noter que dans cette affaire, la CIJ a condamné les actions des États-Unis ; cependant, le 12 septembre 1991, le Nicaragua a choisi de retirer la plainte déposée pour la deuxième phase de la procédure (indemnisation) afin d’obtenir une compensation pour les dommages causés, mettant ainsi fin à ce long processus (voir communiqué de presse de la CIJ du 27 septembre 1991). Une première estimation des dommages causés par les États-Unis au Nicaragua figure dans ce document présenté par le Nicaragua à la CIJ en 1988. Au paragraphe 372, on peut lire : « Par conséquent, il est demandé à la Cour d’accorder au Nicaragua une somme forfaitaire de 2 000 millions de dollars américains à titre de compensation appropriée pour les énormes pertes sociales qu’il a subies en raison des actes illicites des États-Unis ».
Note 11 : Voir à ce sujet notre note BOEGLIN N., « Agression de la Russie contre l’Ukraine : à propos des réactions officielles en Amérique latine », 24 février 2022. Texte intégral disponible sur ce lien.


